Elles voulaient passer une soirée entre femmes, comme il est d’usage avec le collectif La Bringue, qui organise des moments festifs en non-mixité. Mais cela ne s’est pas passé comme prévu. Jeudi 31 octobre, le soir d’Halloween, environ 75 femmes, selon les témoins, ont été la cible de mortiers dirigés contre elles, vers 2 heures du matin. Elles se trouvaient sur la terrasse du bar Le 211, dans le quartier de La Villette, à Paris.
Elles fumaient une cigarette en terrasse, prenaient l’air ou s’apprêtaient à partir. Plusieurs hommes se sont approchés et ont tiré. Certaines femmes ont vu les artifices fuser autour d’elles, occasionnant des brûlures. En 2013, à Marseille, de l’essence avait été versée sur la terrasse d’un bar où La Bringue s’était installée le temps d’une nuit, suscitant un risque élevé d’incendie. « Une attaque masculiniste », ont réagi plusieurs internautes sur les réseaux sociaux, choquées par l’événement du 31 octobre.
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Toutes pointent le caractère misogyne et le degré de violence inouï d’une attaque spécifiquement lancée contre des femmes. Parce qu’elles se retrouvent entre elles, sans hommes. « Nous, les femmes, sommes très effrayantes aux yeux de la société quand nous sommes ensemble », commente la journaliste Élodie Font, autrice d’un passionnant ouvrage, À nos désirs : dans l’intimité des lesbiennes (La Déferlante, 2024).
Il ne faudrait surtout pas que des femmes puissent être heureuses sans les hommes.
É. Font
« Il ne faudrait surtout pas que des femmes puissent être heureuses sans les hommes », poursuit-elle. Et si elles le sont, c’est…
Auteur: Hugo Boursier

