Une incitation à la violence
Le parquet retient la qualification de provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit. Au tribunal d’apprécier, maintenant, la portée pénale de cette phrase. Bertrand Venteau, comme tout prévenu, bénéficie de la présomption d’innocence.
D’un côté, un discours poursuivi pour provocation à la violence. Dès décembre 2025, un mois après l’élection de Bertrand Venteau, des responsables locaux de la Coordination rurale en Charente-Maritime ont revendiqué une action coup de poing.
Ils ont déposé des têtes de sangliers décapitées et des banderoles hostiles devant plusieurs locaux. Étaient visés la Ligue pour la protection des oiseaux, France Nature Environnement et l’Office français de la biodiversité. La permanence du député écologiste Benoît Biteau figurait aussi parmi les cibles.
Dans une question adressée au gouvernement, Benoît Biteau rapporte par ailleurs avoir été « victime de tirs d’armes à feu dans la cour de [sa] propre ferme ». Il y dénonce une « chasse à la femme » visant Marine Tondelier, ainsi que des menaces contre Sandrine Rousseau.
De l’autre côté, une agriculture paysanne qui revendique le respect des sols, de l’eau et du vivant. Elle n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucun signalement pour menace ou intimidation.
Le Giec et l’IPBES établissent depuis plusieurs années le poids de l’agriculture intensive dans l’effondrement de la biodiversité et le dérèglement climatique. Traiter cette opposition comme un différend entre égaux reviendrait ainsi à ignorer deux choses. D’un côté, une pratique revendiquée de l’intimidation. De l’autre, un constat scientifique établi.
La façade la LPO vandalisée à Rochefort
Une phrase, quarante-cinq parties civiles
La sortie n’est pas passée inaperçue. 45 personnes et organisations se sont constituées parties civiles dans cette procédure. Parmi elles :…
Auteur: Isabelle Vauconsant
