Faire l’objet d’une popularité négative et incontrôlable sur Internet, c’est-à-dire « faire le mauvais buzz », ça peut arriver à n’importe qui, même aux gens les mieux intentionnés.
C’est manifestement ce qui est arrivé aux trois personnes dont je présente ici les cas embarrassants, avec le projet de décrypter les raisons de leur mauvaise fortune. Mon objectif n’est pas de mettre en cause la valeur de leurs idées ou de leurs combats (féminisme, LGBTisme ou antispécisme), mais plutôt d’examiner leurs stratégies de communication à partir de mon point de vue d’artiste anthropologue.
Plus spécifiquement, je souhaite mettre en lumière les effets de cadrage qui les ont desservies et que je soupçonne être la principale cause de l’énorme dégât de commentaires désobligeants qui ont été formulés à leur endroit, avec atteinte à leur réputation sur les réseaux sociaux.
Construit sur les fondements de mon étude du changement d’état d’esprit, cet article s’intéresse aux ruptures de cadre provoquées par des communicateurs malhabiles ainsi qu’aux répercussions psychiques de leurs prestations sur l’humeur d’internautes mal préparés à cette expérience.
La « théorie des cadres » en communication
Les techniques de cadrage et de recadrage soutenues par les principes fondamentaux de la communication sont utilisées en psychiatrie, en thérapie familiale, en publicité, en arts et en gestion médiatique des comportements sociaux ou privés, principalement.
La théorie générale qui sous-tend ces différentes applications est souvent attribuée au sociologue Erving Goffman, dont la pensée sur le sujet fait l’objet du livre intitulé « Les cadres de l’expérience ». Le principe central de cette théorie est que « nous réagissons différemment aux messages ou aux choix que l’on nous soumet en fonction de la manière dont on nous les présente ».
La théorie des cadres est…
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Auteur: Sylvie Genest, Professeure à la Faculté des arts, Université du Québec à Montréal (UQAM)

