Les lycéennes et lycéens sont-ils bien raisonnables de revendiquer l’abrogation de Parcoursup ?
Professeur et physicien, Bruno Andreotti fait ici la démonstration que c’est non seulement possible mais absolument souhaitable.
Une démonstration en trois temps :
1. Les origines d’un dispositif de sélection qui vise à ne plus garantir à tous un accès à l’éducation supérieure et le passage du pouvoir par la connaissance à l’assignation par la compétence.
2. L’application aux adolescents des techniques du nouveau management public
3. Comment le macronisme a pillé les ressources de l’école publique pour gaver les nouvelles entreprises du scolaire privé avec les lois ORE et Pénicaud.
Abroger Parcoursup et son monde
Ce qui frappe dans le mouvement lycéen et, désormais, étudiant, c’est l’immense joie éclatant dans les rues, contrastant si fort avec la gravité des vidéos partagées au tout début. Leurs interventions filmées, d’une redoutable justesse, pointaient d’emblée trois dimensions insupportables de ce monde. D’abord, la trahison manifeste des promesses républicaines assénées à longueur de cours d’éducation civique : « Sur les murs de tous nos lycées, il y a marqué Liberté, Égalité, Fraternité. Mais l’égalité, elle est où ? ». Ensuite, le vertige d’un monde en surchauffe, où l’étouffement physique des canicules fait écho à l’asphyxie sociale imposée à la jeunesse : face à la bascule climatique et à l’effondrement du vivant, leur constat sonne comme un réquisitoire sans appel face à la vacuité des réponses apportées : « Vous n’êtes pas à la hauteur ». Enfin, il y a l’épreuve de Parcoursup, vécue non pas comme un accident individuel ou un simple dysfonctionnement technique, mais comme une expérience collective de l’angoisse, partagée par l’ensemble des jeunes et de leurs familles.
Il…
Auteur: dev
