« Faites mieux », qu’il disait !

Jean-Luc Mélenchon a donc tranché : il sera candidat à la présidentielle 2027. Une décision qui, au-delà de sa logique personnelle, agit comme un révélateur brutal des impasses stratégiques de la gauche française. Car ce qui se joue ici n’est pas seulement une candidature de plus, mais l’échec, au moins provisoire, d’une promesse politique : celle du passage de relais.

Il est devenu, qu’on le veuille ou non, une figure clivante.

Il faut reconnaître à Mélenchon un mérite rare dans l’histoire récente de la gauche : avoir tenté de refonder une matrice idéologique de rupture, capable d’agréger au-delà des appareils, de redonner un horizon à une gauche dévastée par le quinquennat Hollande. Il a aussi su faire émerger une nouvelle génération politique, structurée, formée, aguerrie – de Manuel Bompard à Mathilde Panot, de Clémence Guetté à David Guiraud et Bally Bagayoko. Cette génération n’est pas un accident : elle est le produit d’une stratégie consciente.


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C’est précisément pour cela que sa décision interroge. Car préparer une relève n’a de sens que si l’on accepte, à un moment donné, de s’effacer. « Faites mieux », disait-il. Beaucoup l’ont pris au mot. Beaucoup ont cru que cette phrase engageait autre chose qu’une simple exhortation rhétorique : une véritable transition. Or, en se représentant, Mélenchon réinstalle une centralité qui, aujourd’hui, pose problème. Non pas uniquement à droite – ce qui est attendu – mais à gauche elle-même. Il est devenu, qu’on le veuille ou non, une figure clivante.

Le paradoxe est là : celui qui a contribué à reconstruire une dynamique unitaire devient aujourd’hui…

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Auteur: Pierre Jacquemain

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