Se faire entendre malgré le brouhaha. Et puis, que dire quand l’espace médiatique est saturé ? Couvrir un fait divers revient à se poser une question centrale : quelle information vérifiée, recoupée, et inédite, peut être apportée. Cette interrogation, David Perrotin, journaliste au pôle Enquête de Mediapart, se l’est posée pour la mort du jeune Émile Soleil, disparu le 8 juillet 2023 dans la commune du Vernet (Alpes-de-Haute Provence).
« On a considéré qu’on n’avait pas trouvé un angle qui révélait quelque chose de la société », explique-t-il, tout en refusant d’écarter a priori ce fait divers pour la seule raison que c’en est un. « On pourrait publier des éléments factuels de l’enquête, ou analyser de ce que cette disparition dit des infanticides en France, par exemple. »
Pour la mort de Thomas Perotto, 16 ans, à Crépol, c’est différent. Mediapart publie deux articles. Le premier le 14 février, plusieurs mois après la rixe. « Cette enquête donne à voir des éléments qui figurent dans le dossier judiciaire », note David Perrotin. Elle permet de montrer les écarts entre le récit des événements matraqué par l’extrême droite et avancé par de nombreux médias. Un second papier sort le 3 avril et raconte la manière dont plusieurs animateurs de CNews ont consciemment transformé les éléments recoupés, pourtant transmis par leurs propres journalistes, pour affirmer ou laisser dire en plateau de fausses informations.
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Auteur: Hugo Boursier

