Famille de Nahel : « On nous regarde de loin, à travers des clichés »

Il y a vingt ans, Zyed Benna et Bouna Traoré sont morts en tentant d’échapper à un contrôlede police. Il y a deux ans, c’est Nahel qui a été tué par un policier. Avez-vous le sentiment que les choses ont changé ou que l’histoire se répète ?

Atifa : Il n’y a eu aucun changement. Il y a eu beaucoup de victimes depuis, et mon neveu en est un triste exemple, avec une mort tragique. À l’époque de Zyed et Bouna, j’étais encore jeune. Leur histoire m’avait marquée. Mais jamais je n’aurais imaginé que, près de vingt ans plus tard, ce serait ma propre famille qui vivrait une telle tragédie. Aujourd’hui encore, je me mets toujours à la place de la famille de ces victimes, et c’est affreux.


Sur le même sujet : Dossier : Mort de Nahel, la République en faute

Maissan : J’ai vraiment le sentiment que l’histoire se répète. Rien n’a changé, ni dans les mentalités ni dans les pratiques policières. Je me souviens que, toute jeune, j’avais entendu parler de Zyed et Bouna. C’est en écoutant une chanson de rap que j’ai découvert leur histoire. J’étais gamine, j’avais encore un petit MP3 à piles… Et jamais je n’aurais cru qu’un jour cette musique résonnerait autant en moi, parce que ça nous arriverait à nous aussi.

Qu’avez-vous ressenti quand les révoltes ont éclaté ? Comment avez-vous compris ces émeutes ?

Maissan : À Nanterre, les émeutes ont commencé très tôt, vers 14 heures le jour même. Nous, on avait appris la mort de Nahel à 9 heures du matin. Quelques heures plus tard, ça avait déjà explosé au quartier du Vieux-Pont. J’ai vu des vidéos sur Twitter [devenu X, N.D.L.R.], c’était le chaos. Au début, on pensait que c’était juste quelques tensions, mais ça a dégénéré très vite. Pour moi, à un…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Kamélia Ouaïssa

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com