Vallées-d’Antraigues-Asperjoc (Ardèche), reportage
« Même quand la route s’enfonce dans la forêt, que l’herbe pousse au milieu de la route et qu’on a l’impression d’aller nulle part, il faut continuer. » C’est par ces indications, envoyées par texto, que Fanny Métrat nous guide jusqu’à son coin de paradis. Après quinze bonnes minutes sur cette chaussée étroite à flanc de falaise, la bergerie apparaît, surplombée par quelques maisons de pierre. C’est dans cette vallée isolée des Cévennes ardéchoises, au hameau de Mazoyer, que vit Fanny Métrat, l’une des trois porte-parole de la Confédération paysanne.
Depuis son élection le 15 mai dernier, l’éleveuse de 43 ans n’a pas touché terre. Entre les allers-retours à Paris, les réunions en soirée, les sollicitations des journalistes et la loi Duplomb, « c’est un mandat très prenant. Je consacre au moins trois à quatre jours par semaine au syndicat, mais ça va peut-être se calmer », gage-t-elle. Malgré la fatigue de ces dernières semaines et un rhume qu’elle peine à soigner, le regard de Fanny reste pétillant et son énergie débordante.
Dans la bergerie, les quelque 160 brebis et leurs 200 agneaux bêlent d’impatience. Discret, Emmanuel Fayard, le compagnon de Fanny et cogérant de la ferme, s’affaire à examiner le troupeau. « C’est grâce à Manu que je peux faire tout ça, insiste l’éleveuse. Le fait de devoir supporter un engagement aussi lourd, de travailler deux fois plus sur la ferme… Il n’a que les mauvais côtés du syndicalisme. »
Des bruits de Paris aux cloches des brebis
Un militantisme de l’ombre, qu’il assume complètement : « C’est une décision que l’on a prise à deux. Je ne me sentirais pas de faire tout ça, mais je trouve que c’est important et j’ai envie de la soutenir là-dedans. » Face à lui, Niébé, un jeune berger de Savoie, court de gauche à droite pour réunir les…
Auteur: Magali Stora, Pauline De Deus

