La France vit-elle un processus de fascisation ? C’est la thèse proposée par Ugo Palheta, qui explique dans son dernier livre – Comment le fascisme gagne la France (éditions La Découverte) – en quoi le règne d’Emmanuel Macron, et plus généralement le capitalisme néolibéral, prépare les conditions d’avènement d’un fascisme du 21e siècle.
Dans cet entretien, traduction d’un entretien donnée pour la revue de débat stratégique de la fondation Rosa Luxemburg, il explicite sa thèse et trace des perspectives stratégiques pour se défendre et reprendre l’offensive.
L’ère Macron semble toucher à sa fin. Dans votre livre Comment le fascisme gagne la France, vous présentez une analyse pointue du processus de fascisation de l’État capitaliste et de la société française. Vous distinguez « l’actualité du fascisme » de « l’avènement immédiat de dictatures de type fasciste ». Mais le message est clair : les conditions de possibilité du fascisme sont réunies en France et dans d’autres sociétés capitalistes occidentales. La France est-elle en train d’entrer dans une « nouvelle phase » de fascisation ?
Ugo Palheta – Macron s’est inscrit dans la continuité de dynamiques qui étaient présentes dans le champ politique français depuis très longtemps, près de quatre décennies, mais il les a largement accentuées. Non seulement il a accéléré le rythme d’imposition des contre-réformes néolibérales, mais il a aussi largement intensifié les tendances autoritaires, aussi bien la répression policière et judiciaire des contestations que la stigmatisation des minorités (en particulier de la minorité musulmane) et le recul de leurs droits démocratiques, la diabolisation de la gauche, ou encore le contournement des institutions parlementaires et des acteurs de la société civile…
Auteur: redaction

