La veille du 2 octobre Sophie Binet n’avait pas hésité à mettre les points sur le i au micro de France Inter : « Nous on ne veut pas la chute de ce gouvernement ». Si ce n’était donc pas celui inexistant mais déjà moribond, exsangue, crépusculaire, pitoyable, sourd-muet, répressif, fascistoïde, du sieur Lecornu (et vraiment nu pour le coup), de quel gouvernement aurait-elle alors bien voulu la chute ? Ou à quelles conditions ? Elle ne le disait pas, et d’ailleurs aspirait-elle à la chute de quoi que ce soit de ce monde de l’économie ?
La réponse est dans la question comme on dit. Bref, après la promesse et la flambée inventive du 10 septembre née d’un appel radical (enfin !) à tout bloquer, magnifique formule malheureusement non performative, la mobilisation du 18 reprise en main par l’intersyndicale, certes massive, avait déçu tous ceux et celles qui espéraient quelque débordement dans la rue, les entreprises et les flux marchands. A Paris, on était revenu au sempiternel Bastille-Nation, après le rejet par la Préfecture du parcours Bastille-Concorde proposé par la CGT quelque peu naïve de penser que le pouvoir accepterait que les gueux aillent manifester sous les ors de ses ministères et de ses palais. Bref, de ce 2 octobre c’est dire que l’on en attendait pas grand chose.
On y est allé tout de même, bien sûr. Les occasions de se compter, d’occuper l’espace public, de bloquer un chouille la machine et peut-être aussi, malgré tout, l’espoir d’être là au cas où une étincelle pourrait ouvrir d’autres horizons que la répétition tristounette du même. Un espoir vite déçu. Rien, rien ne vint illuminer la manifestation, pas même un tag, pas même un cortège de tête un poil vénère. Ennui à mourir. Seul moment peut-être : une pause de la tête de cortège devant la Rotonde bien protégée par la police et son camion à eau. Donc on s’arrête, un manifestant brandit une…
Auteur: dev

