Pour Fatima Ouassak, la cofondatrice du “Front des mères” (premier syndicat de parents d’élèves des quartiers populaires), le lieu de notre rencontre pour réaliser cet entretien semble être une évidence. Il s’agit de la petite ville de Bagnolet où elle réside dans le 93 en région parisienne, un territoire de luttes historiques et d’immigration composé d’avenues et de places au noms de révolutionnaires passés : Marx, Angela Davis… La place Nelson Mandela, où nous nous retrouvons dans un café, se révèle être le lieu de rencontre des bagnolais pour “refaire le monde” et le “bilan d’une grève”, sans oublier de déjouer les “traquenards de périodes électorales”… Le premier ouvrage de Fatima, La Puissance des mères : Pour un nouveau sujet révolutionnaire, l’un des livres les plus enthousiasmants et percutants de cette rentrée, s’inscrit pleinement dans cette dynamique historique et militante. En partant de son expérience personnelle de mère aujourd’hui de deux enfants, elle raconte les luttes collectives victorieuses, les discriminations systémiques de l’Etat et du capitalisme subies, ou encore comment l’on a cherché à gentrifier et à récupérer leurs combats. Son livre se révèle être un véritable manifeste, celui des mères comme sujet politique à part entière au service des enfants présents et de demain, et contre toutes les oppressions de l’ordre social établi. Rencontre, par Selim Derkaoui et Nicolas Framont.
Présente-toi un peu, quel est ton parcours et qu’est-ce qui t’a amené à écrire ce livre ?
Je suis née au Maroc dans le Rif (région montagneuse du Maroc), puis arrivée à l’âge d’un an en France avec mes parents. Mon père était ouvrier et déjà présent dans un foyer depuis plusieurs années, et on s’est installés à Lille Sud où il travaillait. J’allais à l’école, j’ai fait des études supérieures puis j’ai travaillé dans la politique…
Auteur: Selim Frustration Mag
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