Quatre jours avant la rencontre pour ce portrait, Aboubakar Cissé a été sauvagement assassiné dans une mosquée du Gard, parce qu’il était musulman. On s’attend à une Fatima Ouassak ostensiblement en colère voire accablée, harassée. Erreur. Elle est dans l’action et raccroche tout juste après une vive discussion pour l’organisation de la marche contre l’islamophobie du 11 mai.
Au-delà de la tragédie, elle souligne le versant politique : les autorités et la droite parlent d’islamophobie . « Il y a encore quelques années, celles et ceux qui utilisaient ce mot étaient diabolisés. La bataille culturelle avance, même si ça ne se traduit pas encore dans le champ intellectuel, en particulier le livre et les enjeux politiques autour notamment de l’université. » Fatima Ouassak compte y remédier, à sa façon, en dirigeant une nouvelle collection aux éditions Les liens qui libèrent : « Écologies de la libération » (1).
Premier livre collectif Terres et Liberté : Manifeste antiraciste pour une écologie de la libération, Norman Ajari, Omar Alsoumi, Myriam Bahaffou, Amzat Boukari-Yabara, Arturo Escobar, Malcolm Ferdinand, Maya Mihindou, Shela Sheikh, Nadia Yala Kisukidi, le collectif Vietnam Dioxine et l’association A4.
Pour elle, l’écologie populaire n’est pas une expression de communication creuse, ni le discours porté sur les habitants des quartiers populaires qui seraient écolos sans le savoir car pauvres. C’est clairement lié aux problématiques du chlordécone, à la Palestine, aux luttes contre les violences policières, à la dignité, à la liberté de circulation. « L’écologie est vraiment l’outil de libération auquel je crois », glisse-t-elle. Il est donc évident de donner la parole – la plume – à…
Auteur: Vanina Delmas

