Faure avec les faibles

François Bayrou, premier ministre à l’assise parlementaire la plus fragile de l’histoire de la Ve République, dont la nomination n’est qu’un contresens au regard du résultat des dernières législatives, vient peut-être de réussir le coup politique dont il rêvait tant : tenir plus de 90 jours à Matignon, soit plus que son prédécesseur. La raison ? Des socialistes qui s’obstinent à croire que le premier des macronistes défendra une politique budgétaire qui ne sera pas macroniste.

Car les troupes d’Olivier Faure veulent désormais incarner une opposition « respectable » et ont, par voie de conséquence selon eux, choisi de ne pas voter une censure au nom de la stabilité dans le pays. Résultat : elles s’isolent de fait du Nouveau Front populaire (NFP) et veulent croire qu’elles viennent de gagner des « victoires concrètes » pour le pays.


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Depuis quelques jours, on a cherché ces « victoires », en vain. Parce qu’il faut, parfois, lever son nez du moment immédiat pour remettre en perspective la séquence politique qui vient de s’ouvrir. Revenons donc au 9 juin dernier. Emmanuel Macron, à la suite d’un cuisant échec aux élections européennes, décide de dissoudre l’Assemblée nationale. La suite, on la connaît.

La constitution du NFP, puis le front républicain et la victoire, relative, de la gauche le 7 juillet. Peu importe pour le chef de l’État, qui nomme Michel Barnier, issu du parti arrivé en cinquième position aux législatives, à Matignon. Ce dernier, illégitime et minoritaire, met sur pied un budget d’une rare austérité qui poursuit la politique défaite dans les urnes quelques semaines plus tôt.

En…

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Auteur: Pierre Jequier-Zalc

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