Faut-il brûler la dette ? 

Revendiquer « l’annulation de la dette publique détenue par la Banque centrale » a-t-il un autre but que d’attiser une polémique disruptive ? Un dirigeant politique désirant accéder au pouvoir pour financer la transition sociale-écologique se garderait assurément de lancer un tel mot d’ordre, lourd de conséquences économiques. Demander l’annulation partielle de la dette sous-entend en effet que la France est surendettée. Cela apporte de l’eau au moulin d’une pensée unique qui ne cesse, depuis le rapport Pébereau de 2005, de marteler que la dette française est insoutenable.

L’arrêt de la politique non conventionnelle de la BCE n’est pas étranger aux tensions actuelles sur les taux d’intérêt au sein de la zone euro.

Le ratio dette/PIB était alors de 65 % du PIB. Il a certes bondi lors de la crise financière de 2009 après le sauvetage massif des banques, puis lors de la crise covid, où l’économie fut maintenue sous perfusion « quoi qu’il en coûte ». Mais une dette ne fait boule de neige que lorsque les taux d’intérêt excèdent durablement la croissance de la production en volume. Cela risque-t-il de se produire ? Dans un contexte d’incertitude mondiale, l’arrêt de la politique non conventionnelle de la BCE n’est pas étranger aux tensions actuelles sur les taux d’intérêt au sein de la zone euro.


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Le cas français est aggravé par l’incertitude politique et la montée du déficit structurel, lié aux pertes de recettes résultant des baisses d’impôts réalisées depuis 2017. Pour autant, compte tenu d’un taux d’épargne national record, la France, dont la balance courante est équilibrée, n’aurait aucun problème pour financer sa dette si elle créait…

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Auteur: Liêm Hoang-Ngoc