Le changement climatique bouleverse la donne en matière de gestion des risques naturels. Il pourrait rendre obsolète et inefficace le système assurantiel, chargé aujourd’hui d’indemniser les logements sinistrés, comme l’industrialisation a révolutionné la couverture des risques sociaux au xixe siècle.
S’il y a toujours eu des catastrophes naturelles, ces dernières années ont été marquées par un cumul d’évènements exceptionnels – cyclones, tempêtes suivies de crues torrentielles, sécheresse sur plusieurs années, violents orages de grêle –, qui posent la question de la capacité du système assurantiel à prendre en charge les dommages. C’est même le secteur de l’assurance qui le dit : en 2015, Henri de Castries, alors directeur général d’AXA, déclarait « qu’un monde à +4° n’est pas assurable » ; en avril 2025, un haut responsable d’Allianz déclarait que le changement climatique ne permettrait plus aux marchés de fonctionner.
Un rapport du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan s’attèle à cette question, en présentant les limites du système actuel et en proposant trois scénarios de réforme, qui vont jusqu’à proposer la mise en place d’une « Sécurité sociale climatique ».
Une protection aujourd’hui apportée par le secteur de l’assurance
Dans un système d’assurance face au risque climatique, la mutualisation s’entend à deux niveaux : ex ante, pour la prévention des risques, et ex post, pour l’indemnisation ou la réparation des biens après un sinistre.
Le régime français d’indemnisation des risques naturels repose sur deux dispositifs principaux : la garantie dite « Cat Nat » et la garantie « TGN » (tempête, grêle, neige). La garantie TGN est adossée à l’assurance « multirisques habitations », une assurance obligatoire pour les locataires mais pas pour les propriétaires. Comme son nom l’indique, la garantie TGN couvre les dommages matériels…
Auteur: Mathilde Viennot

