Comment les managers fixent-ils les niveaux d’aspiration de performance et comment évaluent-ils la performance de leur entreprise ? Cette question est centrale dans le paradigme dominant en sciences organisationnelles et en gestion stratégique depuis plus de 50 ans. Selon ce paradigme, se comparer à d’autres influence les perceptions des dirigeants et, par conséquent, leurs décisions futures : positionnement stratégique, transactions corporatives, investissements en R&D, introductions de nouveaux produits… Au milieu de tout cela est bien négligée souvent la stratégie de divulgation des entreprises : quel ton adopter pour communiquer avec l’extérieur ?
Notre étude montre que celui-ci dépend bien de la manière dont les dirigeants perçoivent la performance de l’entreprise. Mais souvent avec excès. Les entreprises sous-performantes, c’est-à-dire dont la performance est perçue inférieure au seuil de référence calqué sur les pairs, manifestent un pessimisme excessif. À l’inverse, les entreprises surperformantes, dont la performance dépasse ce seuil, témoignent d’un optimisme excessif.
Une affaire de stratégie
Les tons employés sont-ils de nature informative quant à la performance future de l’entreprise, question d’importance par exemple pour les investisseurs ? Ou bien sont-ils pleinement stratégiques ?
Nous constatons que les rapports excessivement pessimistes des entreprises sous-performantes ne sont pas indicatifs de bénéfices futurs plus faibles, tandis que les divulgations excessivement optimistes des entreprises surperformantes n’augurent pas du tout de succès futurs ! Les managers ne semblent ainsi pas rechercher à partager des informations privées mais utilisent plutôt ces divulgations de manière stratégique. Pourquoi ?
Chaque lundi, que vous soyez dirigeants en quête de stratégies ou salariés qui…
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Auteur: Oveis Madadian, Assistant Professor of Accounting, IÉSEG School of Management

