L’ESSENTIEL
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L’efficacité du crédit impôt recherche n’a pas été faite. C’est pourtant le dispositif le plus généreux des aides fiscales des pays de l’OCDE.
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La politique de soutien à l’innovation cherche de nouvelles voies, avec notamment le projet de développer une « Darpa à la française ».
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Une étude réalisée auprès d’innovateurs révèle les attentes du terrain en matière de soutien à l’innovation.
À l’occasion du Printemps de l’économie 2026, le prix Nobel Philippe Aghion donnait son point de vue sur le crédit impôt recherche (CIR) qui, avec 7,8 milliards d’euros attribués aux entreprises en 2023, représente les trois cinquièmes de l’aide à l’innovation en France :
« Sur le CIR, aucune étude ne montre un effet. Rien. […] Le CIR doit être remis à plat. »
Faudrait-il donc supprimer ce type d’aides à l’innovation aux effets si peu convaincants en matière d’innovation ? Peut-être pas, mais il serait souhaitable d’en revoir profondément l’esprit.
Peu efficient et difficilement réformable : la double peine ?
Visant à corriger l’insuffisance des efforts d’innovation des entreprises, la politique française d’aide à l’innovation est particulièrement inefficiente.
Emblématique de l’aide indirecte ouvrant droit à des exonérations fiscales, le CIR est « le dispositif le plus généreux des aides fiscales des pays de l’OCDE » estimait France Stratégie en 2021. Bénéficiant à plus de 16 000 entreprises, il est « la dépense fiscale la plus onéreuse pour les finances publiques malgré une efficacité discutable ».
Une méta-analyse des évaluations de l’efficacité du CIR conclut d’ailleurs sans ambiguïté qu’il est sous-optimal depuis longtemps. La synthèse du rapport de France Stratégie en 2021 note ainsi :
« [D]es effets positifs mais modérés sur les activités de R&D et d’innovation, et pas d’impact significatif sur la…
Auteur: Michel Rocca, Professeur d’économie politique, Université Grenoble Alpes (UGA)
