À deux jours du premier tour de l’élection présidentielle, la petite ritournelle est partout : certains candidats appellent à voter utile, quand d’autres rejettent cette stratégie par peur de perdre des voix. Au milieu, les électeurs ayant à cœur d’œuvrer pour une société plus juste et écologique sont perdus. Ils hésitent entre leurs convictions profondes, la volonté de faire barrage à l’extrême-droite, et le souhait de mettre fin au règne mortifère de la Macronie. Alors que faire ? Analyse des éléments qui peuvent permettre de prendre une décision, par Florian Grenon.
Le vote utile est un vote qui n’est pas synonyme d’adhésion idéologique, mais qui choisit le candidat ayant supposément plus de chances d’être élu que celui vers lequel on se tournerait par pure conviction.
En 2022, Jean-Luc Mélenchon apparaît comme le seul candidat de gauche à pouvoir faire barrage à l’extrême-droite dès le premier tour. Selon les derniers sondages, le candidat de la France Insoumise s’est solidement installé à une troisième place intéressante mais insuffisante. Seulement, le débat autour du vote utile favorise également Marine Le Pen, qui bénéficie d’un rabattage des voix à droite.
De fait, l’adhésion politique massive au besoin de faire barrage au Rassemblement National s’est effritée, conséquence de la politique de dédiabolisation du parti de Marine Le Pen depuis de nombreuses années.
Un certain nombre d’électeurs de gauche déclare ne pas vouloir aller voter en cas de duel Macron/Le Pen. Combien sont-ils ? Personne ne le sait. Ce qui est sûr, c’est que l’abstention au second tour des partisans LFI, des Verts, du PS et du PC pourrait être plus importante qu’en 2017.
Dans ce contexte anxiogène, 2 000 artistes, comédiens et écrivains ont tiré la sonnette d’alarme en appelant à voter Mélenchon pour faire barrage à l’extrême-droite dès le premier tour. Parmi eux, Bruno Solo, Anny Duperey, Romane Bohringer, Corinne Masiero, Caroline De Haas, Sanseverino, Annie Ernaux, d’Yvan Le Bolloc’h et de Robert Guédiguian ou encore Blanche Gardin.
« Si la gauche est au second tour, l’extrême droite n’y est pas », expliquent-ils.
Le week-end dernier, 800 universitaires dont le politiste Rémi Lefebvre, la philosophe Sandra Laugier, le sociologue Bernard Lahire, le politiste Rémi Lefebvre avaient déjà appelé à voter Mélenchon. Ils « refusent » notamment un second tour « dont les seules thématiques seraient l’identité,…
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Auteur: La Relève et La Peste

