De larges sourires sur des selfies envoyés de partout en France. Des messages pour dire l’énergie procurée par la rencontre, et l’envie d’y croire encore. Croire à quoi ? À la possibilité de se parler, même quand on est d’accord sur presque rien. Prendre deux heures de son temps pour échanger avec une personne inconnue, qui ne pense pas comme soi. Ne pas chercher à la convaincre, juste l’écouter et goûter, plus qu’on ne l’aurait imaginé, cette conversation des contraires.
Il y a un an, ils ont été 6 400 à tenter cette aventure humaine, devenue si rare à l’heure des réseaux sociaux et des clashs, en participant à l’opération « Faut qu’on parle », lancée par La Croix avec le soutien du fonds Bayard-Agir pour une société du lien. Et au terme de ces échanges improbables, ils étaient déjà 75 % à prévoir de se revoir !
Deux heures de conversation peuvent faire baisser la polarisation
Nous n’allions pas en rester là ! Car cet élan nous a portés nous aussi, à La Croix, et, aujourd’hui, il nous oblige. Le dialogue, exigeant et respectueux, nous le faisons vivre chaque jour dans nos colonnes et sur nos supports numériques. Mais avec « Faut qu’on parle », nous avons franchi un pas : agir, concrètement, contre la polarisation croissante de la société ; prendre notre part, en tant que média, à la sauvegarde de notre cohésion démocratique.
Parce nous sommes profondément attachés à un débat ouvert, qui permette l’expression de toutes les sensibilités et fasse reculer les discours de haine. Parce que nous refusons la fatalité d’une évolution délétère dont l’Amérique de…
Auteur: Anne Ponce et Béatrice Bouniol
