Sur les bancs du public, on pouffe de la bonne blague chuchotée dans un silence épais. Dernier conseil municipal du mandat – et peut-être même de l’histoire de l’île Molène (Finistère) – ce lundi 9 mars 2026, dans une salle exiguë de la mairie. Onze élus autour de la table et davantage de spectateurs – 14, soit près de 10 % de la population – agglutinés autour. La réunion va bientôt commencer. La solennité du moment s’impose à tous, mais on n’oublie pas d’en rire. Ainsi va la vie sur l’une des plus petites îles bretonnes, ce caillou de 176 habitants et 72 ha planté dans la mer Celtique, à 6 miles (11 km) d’Ouessant, habitué à se battre pour survivre. Il y a un peu plus de monde que d’habitude, sourit cette Molénaise, professeure revenue passer sa retraite sur son île. C’est sans doute parce qu’il y a un enjeu.
Si Molène est rattachée à une commune du continent, les Molénais paieront les impôts
Comme dans cinq autres communes bretonnes, les Molénais ne voteront pas pour les municipales le 15 mars, faute de candidats, l’équipe sortante ne se représentant pas. C’est inédit et Molène sait qu’elle joue gros. Résumé cash du conseiller municipal Louis Squiban, un Molénais pur jus, 80 ans, quatre ans de mandat au compteur : On est dans la merde. S’il n’y a pas de liste, on sera rattachée à une commune du continent et alors là, c’est foutu pour Molène.

Ce lundi 9 mars, ce chiffon rouge est dans toutes les têtes même si la loi ne prévoit pas noir sur…
Auteur: Claude Morizur

