« Drame de la jalousie », « tragédie conjugale », « tuée par amour »… En 2003, Bertrand Cantat roue de coups Marie Trintignant et la tue. À l’époque, et jusqu’au milieu des années 2010, nombreux sont les médias et les fans qui souscrivent à la thèse des amants « qui s’aimaient trop ». Il n’est pas si loin, le temps où les féminicides étaient romantisés et perçus comme des faits divers isolés.
En mars 2025, une série documentaire diffusée sur Netflix (1) revient sur ce meurtre à travers le prisme du féminicide. Le mythe du crime passionnel a disparu. Comment une telle prise de conscience collective a-t-elle pu avoir lieu ? La réponse se trouve peut-être dans les rangs féministes.
De rock star à tueur : le cas Cantat, sur Netflix.
En 2014, c’est le collectif Osez le féminisme ! qui, le premier, tente d’alerter les pouvoirs publics sur le caractère systémique des crimes sexistes à travers une campagne qui trouve peu d’écho. Pour faire sortir le féminicide de l’indifférence, les collectifs féministes imaginent alors deux outils chocs : les collages dans l’espace public, et la publication d’un décompte des féminicides, à partir de 2016.
« Les chiffres sont le levier le plus efficace dans la lutte contre les violences, parce que quand on est féministe, on nous reproche beaucoup de fonctionner à l’idéologie, on nous parle de morale. Quand on produit des données quantitatives, il n’y a aucun contre-argument possible », analyse Maëlle Noir, militante au sein du collectif #NousToutes, membre de l’Inter Orga Féminicides.
Nous avons constaté que les meurtres les plus invisibilisés étaient ceux perpétrés sur des personnes déjà minorisées.
M. Noir
À l’époque, le terme…
Auteur: Salomé Dionisi

