Paris, reportage
À la sortie de la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris, Sandrine Rousseau croise Me Nicolas Bénoit, avocat de la Fédération nationale des chasseurs (FNC). Après lui avoir dit au revoir, la députée lui lance ces mots : « Vous ne me ferez pas taire. »
Le 4 septembre se tenait l’audience opposant l’écologiste à la puissante FNC, qui accuse l’élue de « dénigrement » et d’« atteinte aux intérêts moraux et aux droits fondamentaux des chasseurs ». En cause : des propos tenus par Sandrine Rousseau le 22 février 2022 lors d’une interview sur France 2, où la parlementaire, se basant sur une enquête de Reporterre, avait notamment déclaré que « 1 féminicide sur 4 est lié à des armes de chasse ». Au titre du « préjudice moral », la FNC lui réclame 9 887,94 euros de dommages et intérêts (soit un centime d’euro par détenteur de permis de chasse validé en 2022). La décision du tribunal — qui, en mars 2023, avait rejeté la demande de nullité et d’irrecevabilité de l’assignation formulée par l’écologiste — a été mise en délibéré au 30 octobre.
« Après cet entretien sur France 2, j’aurais préféré que la FNC prenne contact avec moi pour s’inquiéter des témoignages de femmes que j’aurais pu éventuellement recevoir », a dit à la barre Sandrine Rousseau, assurant en avoir « reçu beaucoup ». La militante féministe, rappelant qu’entre « 120 à 140 féminicides sont commis chaque année selon le ministère de l’Intérieur » — des chiffres sous-estimés selon certaines associations féministes —, a en outre souligné le contexte dans lequel s’était tenue cette interview.
À l’époque, deux jours auparavant, une randonneuse avait été tuée dans le Cantal par le tir accidentel d’une chasseuse. Après avoir estimé « qu’il [fallait] arrêter la chasse complètement », l’écologiste avait alors affirmé sur France 2 :…
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Auteur: Amélie Quentel

