121 féminicides depuis le 1er janvier 2024. Plus de 1 000 depuis le premier mandat d’Emmanuel Macron en 2017. Un fait social systémique qui trouve ses origines dans le patriarcat. Comment la presse écrite a-t-elle médiatisé ces crimes ? Cette question est soulevée par le collectif féministe #NousToutes. Des membres ont réalisé une enquête sur le traitement médiatique des féminicides, de 2017 à 2022. Si le rapport fait état d’une nette augmentation du nombre d’articles sur le sujet, avec une utilisation plus fréquente du terme précis, une grande partie des féminicides reste invisibilisée.
Vous expliquez dans votre rapport qu’il y a une amélioration du traitement médiatique des féminicides, mais que persiste l’existence d’un “paradigme conjugaliste”. Pouvez-vous expliquer cette différenciation ?
Marie Fuentes : Dans les féminicides, on identifie trois catégories : les féminicides conjugaux, les féminicides sociaux et les féminicides familiaux. On a noté que le terme de féminicide est repris 28 fois plus en 2022 qu’en 2017. Mais la majorité (89 %) des articles en 2022 traite de féminicides conjugaux et beaucoup moins des féminicides sociaux (7 %) ou familiaux (1 %). Il y a vraiment un écart important qui s’est creusé depuis 2017.
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Plusieurs éléments peuvent entrer en compte. Historiquement, les mouvements féministes français se sont concentrés sur les féminicides commis au sein du couple. Ce n’est qu’à partir de 2022 qu’on a pris en compte les féminicides hors du couple, avec ce souhait de visibiliser l’ensemble des violences en prenant en compte toutes les victimes. On observe une dépolitisation des féminicides qui ont lieu en…
Auteur: Élise Leclercq

