Un immense portrait à l’arrière des bus des grandes métropoles de France. Au-dessus du slogan « Je fais briller mon métier », une femme pose fièrement pour le célèbre studio photo Harcourt. Une actrice célèbre et richissime ? Plutôt une femme de ménage payée 12 euros de l’heure, égérie éphémère de la campagne de communication de l’entreprise de nettoyage Shiva. Une opération séduction pour recruter de nouvelles « aides-ménagères » qui contraste avec la réalité des conditions de travail : dans le secteur du nettoyage, les employés sont sous-payés, exposés à des produits toxiques, soumis à des tâches physiques et à des horaires souvent décalés.
Des entreprises comme celles-ci, il en existe des dizaines en France. Certaines demandent à leurs femmes de ménage de créer un statut d’auto-entrepreneur. D’autres sont seulement « mandataires » des contrats : des intermédiaires qui touchent des commissions pour la mise en relation et la gestion administrative. Dans ce cas, c’est le particulier qui demande le service qui est l’employeur de la femme de ménage, sans engagement, donc sans garantie de stabilité de l’emploi.
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Les salaires non plus ne sont pas fixes : plus on se rend disponible, plus on travaille, plus on est payé, et sans garantie minimum de missions par mois. Les femmes de ménage sont évaluées et surveillées au travail à travers divers procédés : pointage, notes et même carnet de liaison entre le particulier et l’entreprise intermédiaire.
Seuls 20 % des salariés du secteur du nettoyage sont des hommes.
Une précarisation encouragée par l’État lui-même à travers de politiques fiscales, comme le service avance immédiate de crédit…
Auteur: Salomé Dionisi

