Dans le mot« femme », j’aime le souffle de son « f » qui proclame son faux « e », et sa longue syllabe finale. Un mot générique dont la résonance archaïque me rappelle les origines. L’ambiguïté de son « e » qui est un « a » est troublante, elle fait de lui un mot à part. Enfant, je n’étais pas très sûre de ce mot et je l’ai beaucoup regardé pour savoir ce qu’il était, ce qu’il signifiait et comment l’écrire, à cause de cette voyelle qui se prononce autrement. Le mot « femme » s’échappe toujours un peu, comme si je ne pouvais pas le saisir. Je le vois oscillant et multiple, il me laisse entendre qu’il porte en lui plusieurs strates. C’est un mot complexe, puissant, vibrant, et à la fois tout simple, d’une seule syllabe. J’ai mis du temps à l’apprivoiser et à l’aimer, sans doute à cause du dédain qui peut parfois l’entourer.
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