Le 4 mai 2026, au Palais des Congrès de Madiana, en Martinique, plus de 450 personnes se sont réunies autour d’un événement qui dépassait largement le cadre d’un simple ciné-débat.
Ce soir-là, la projection du film MUGANGA, suivie d’un échange exceptionnel avec le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018, a brutalement rappelé une vérité que le monde peine encore à regarder en face : dans les conflits contemporains, les corps des femmes et des enfants continuent d’être utilisés comme des champs de bataille.
Organisé par l’Association pour la Recherche Gynécologique Obstétrique et Stérilité (ARGOS) Martinique en partenariat avec le Lions Clubs International District 63, avec le soutien du Festival en Pays Rêvé, de Humanity For The World (HFTW), du GIP Martinique Santé, de la SAMAC et du Palais des Congrès de Madiana, cet événement a placé la Martinique au cœur d’une réflexion internationale sur les violences sexuelles en temps de guerre et sur les responsabilités collectives qui en découlent.
Quand le viol devient une stratégie de guerre
Depuis plus de vingt ans, le Dr Mukwege soigne des femmes et des enfants victimes de violences sexuelles dans l’est de la République démocratique du Congo.
Au sein de l’hôpital Panzi, qu’il dirige, plus de 300 000 femmes ont été prises en charge.Des femmes mutilées, violées avec des armes, des couteaux, des objets contondants, dans une logique de destruction physique, psychologique et communautaire.
Le Dr Mukwege rappelle que ces violences ne relèvent pas de “dommages collatéraux” de la guerre.Elles constituent une stratégie délibérée de domination, de terreur et de déplacement des populations.
Le rapport Mapping des Nations Unies a documenté des centaines de crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans la région des Grands Lacs. Pourtant, l’impunité demeure massive.
Et derrière cette violence se cache une autre réalité, plus dérangeante encore : celle…
Auteur: POMIER FLOBINUS Audrey

