Femmes issues de la communauté des gens du voyage : « On nous refuse le droit de vote »

Nous parlons depuis les marges de la République. Nous parlons depuis une place invisibilisée depuis trop longtemps. Mais nous parlons également depuis la dignité que nous voulons affirmer. Nous ? Des femmes issues de la communauté des gens du voyage, organisées au sein du collectif Da So Vas. Des femmes engagées pour transformer nos conditions d’existence.

Parce que nous savons que voter est un acte essentiel, nous accompagnons, depuis plusieurs mois, des familles qui souhaitent s’inscrire sur les listes électorales de leur commune, dans la métropole lilloise. La démarche est simple, légitime, conforme au droit. Ces familles vivent à l’année sur la commune concernée, disposent de justificatifs de domicile conformes et sont citoyennes françaises.


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Pourquoi ne pourraient-elles pas voter ? Aucune raison ne saurait justifier de les maintenir en dehors du champ d’exercice de la citoyenneté. Comme tout le monde, elles veulent pouvoir choisir leurs représentants municipaux. À l’heure où on parle souvent de l’abstention grandissante, comment ne pas saluer cette volonté ? Nous vivons, travaillons, élevons nos enfants ici. Nous payons des impôts, scolarisons nos enfants dans les écoles de la République, participons à la vie locale. Et pourtant, à l’approche des élections municipales de mars 2026, on nous refuse un droit fondamental : celui de voter. Une fois encore les gens du voyage n’ont pas le droit de cité.

« On tente de nous effacer »

On encourage les autres à voter, mais nous, on tente de nous dissuader de le faire. Des arguments fallacieux nous sont opposés et dressent un mur entre nous et le reste de la population. Nos aires d’accueil ne sont pas reconnues comme des lieux…

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