Femmes journalistes : témoigner de la guerre, au péril de leur vie

© Rappler
La journaliste philippine Maria Ressa lors d’une conférence de presse en octobre 2021 suite à l’obtention de son prix Nobel de la paix.

« Chaque femme journaliste contrainte de quitter une zone de conflit prive le processus de paix d’un témoin », a déclaré cette semaine aux Nations Unies Maria Ressa, journaliste philippine et lauréate du prix Nobel de la paix.

Cofondatrice du média Rappler, Mme Ressa a exhorté les gouvernements à dépasser les déclarations de principe pour assurer une protection effective aux femmes travaillant dans les médias, particulièrement sur le terrain.

« Lorsque la messagère est une femme, les attaques sont sexualisées, déshumanisantes et incessantes », a-t-elle souligné lors d’un événement de haut niveau organisé à New York par la Mission permanente de la Grèce, ONU Femmes et l’UNESCO, dans le cadre de la Semaine « Femmes, paix et sécurité ».

Le harcèlement en ligne, une arme contre les femmes

Ayant elle-même subi des arrestations, des poursuites judiciaires et des campagnes répétées de harcèlement numérique, Maria Ressa a décrit les conséquences de ces attaques sur la crédibilité des journalistes, leur sécurité et leur capacité à poursuivre leur travail. Au plus fort des campagnes dirigées contre elle, elle recevait jusqu’à 90 messages haineux par heure.

« Éliminer la messagère pour tuer le message », a-t-elle résumé, dénonçant des violences sexistes destinées à discréditer celles qui contestent les détenteurs du pouvoir.

L’intelligence artificielle accentue ces risques en facilitant la production et la diffusion à grande échelle de vidéos truquées, d’images sexuelles fabriquées, de clonages vocaux et de campagnes coordonnées de harcèlement.

Selon des données présentées par ONU Femmes, près d’une femme sur quatre…

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Auteur: Nations Unies FR