De nombreuses idées reçues circulent sur les femmes chargées de mener une grossesse à terme et de donner naissance à un enfant pour le compte d’autrui, les fameuses « mères porteuses », notamment au sujet de leur rémunération. Aux États-Unis, cette activité ne permet pas aux femmes concernées d’en vivre exclusivement.
À l’instar du travail du sexe ou encore du travail domestique dans des temps pas si lointains, le travail de gestation pour autrui est aujourd’hui encore largement méconnu par la société civile. En revanche, dans le milieu de la recherche, l’utilisation de ce concept semble désormais faire consensus, même si ses diverses réalités restent peu explorées, à commencer par sa rémunération.
Par ailleurs, la vision la plus répandue au sein du grand public est que les femmes porteuses se trouvent, le plus souvent, dans des pays pauvres ; or ce phénomène existe également aux États-Unis. Quelles en sont les modalités dans ce pays, notamment en ce qui concerne la rémunération de ces femmes porteuses ?
Sur les presque quatre millions de naissances annuelles recensées sur le territoire américain, un peu moins de 2 000 sont issues de GPA réalisées dans le cadre d’un contrat local conclu entre les « parents d’intention » et les femmes porteuses états-uniennes. Parmi ces 2 000 naissances par GPA, près de la moitié sont à destination de couples étrangers. Cette démarche est autorisée dans certains États seulement, car elle relève du droit de la famille, piloté au niveau étatique ; il n’existe donc pas de réglementation fédérale à ce sujet.
Reconnaissance dans le monde académique du travail des femmes porteuses
Si la GPA est une pratique encore peu répandue, elle existe aux États-Unis depuis que les biotechnologies le permettent, c’est-à-dire depuis les années 1980, quand sont réalisées les premières fécondations in vitro (FIV), c’est-à-dire la fécondation…
Auteur: Irène Berthonnet, Maîtresse de conférences en économie, Université Rennes 2

