Un insecte qui arrache la patte d’un autre insecte. S’agit-il d’un comportement prédateur, d’une agression, d’une défense, d’une compétition ou d’autre chose ? Dans le cas des fourmis charpentières, c’est pour le bien de l’amputée et au bénéfice de la colonie.
Une étude réalisée en juillet 2024 par l’Université de Lausanne a révélé que les fourmis charpentières (Camponotus floridanus) pratiquent des amputations salvatrices sur leurs congénères de la colonie. C’est le premier exemple connu d’un animal non humain amputant des membres pour prévenir ou arrêter la propagation d’une infection.
L’étude a montré que les morsures n’étaient pas aléatoires et qu’elles avaient entraîné un taux de survie de plus de 90 %. Les trois fourmis de l’expérience qui n’ont pas été amputées sont mortes.
Qu’est-ce qui fait des fourmis des chirurgiennes si avancés dans le règne animal ?
Les insectes ne sont pas les seuls animaux à traiter les maladies. Les scientifiques ont observé l’automédication chez toute une série d’espèces, dont les ours, les éléphants, les papillons de nuit, les étourneaux et les dauphins. Les chimpanzés recherchent et mangent des plantes spécifiques pour traiter des maladies et on a récemment rapporté qu’ils utilisaient des insectes pour traiter non seulement leurs propres blessures mais aussi celles des autres.
Cependant, les fourmis charpentières pourraient avoir un besoin particulier de devenir des chirurgiens. Outre la digestion, les sécrétions salivaires de la plupart des fourmis ont des propriétés antimicrobiennes, ce qui leur permet de lutter contre les infections bactériennes lorsqu’elles lèchent des plaies. Ce phénomène est commun à de nombreux groupes d’animaux, y compris les primates. Une étude réalisée en 2023 sur la fourmi subsaharienne Megaponera analis a révélé que les fourmis léchaient les plaies, y compris celles d’autres…
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Auteur: Christopher Terrell Nield, Principal Lecturer, Bioscience, Nottingham Trent University

