Féris Barkat est fondateur de l’association Banlieues Climat. Banlieues Climat redonne la parole aux habitantes et habitants des quartiers populaires autour des questions de la crise climatique et écologique.
Vous ouvrez la première école populaire du climat à Saint-Ouen. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Depuis la naissance de l’association on a décidé de faire le pari de l’intelligence et de l’expertise. D’abord avec la certification de notre formation par le ministère de l’enseignement supérieur et désormais avec cette école. L’éducation populaire dans les mouvements sociaux ce n’est pas nouveau, par contre on a décidé de mettre l’accent sur une transmission faite par les jeunes de Banlieues Climat. Demain un groupe de maman de Saint-Ouen peut se retrouver face à un jeune qui n’a aucun diplôme à part le brevet et qui va leur expliquer la boucle de rétroaction du permafrost.
La domination culturelle de ceux qui ont les habitus on l’a tous connu à l’école. C’est pour cette raison qu’on veut créer et imposer notre propre légitimité et pour cela on doit avoir nos propres espaces. Des espaces qui préservent nos identités tout en étant exigeants et exemplaires sur les connaissances à acquérir. Au fond, cette école c’est une expérimentation qui doit se faire sans influence extérieure, c’est pour cette raison qu’on garde notre indépendance vis-à-vis de nos partenaires. Les services de la mairie, Karim Bouamrane et Sabrina Decanton nous ont toujours soutenus dans cette démarche.

Au-delà d’avoir enfin un lieu à nous, on veut que les habitants de Saint-Ouen se l’approprient tout en accueillant les jeunes de Banlieues Climat qu’on a formé partout en France. Avec les équipes et les jeunes on co-construit le programme pour proposer une école…
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Auteur: Thomas Wagner

