Quatre pères sur dix jugent encore nécessaires les punitions corporelles pour éduquer un enfant, contre un quart des mères. Un écart qui interroge autant les modèles éducatifs que les mutations sociales en cours. Alors, les violences éducatives sont-elles une affaire de genre ? À en croire la troisième édition du baromètre Ifop des violences éducatives ordinaires, les différences entre pères et mères n’ont jamais été aussi nettes. Ainsi, 40% des hommes estiment que certains enfants ont besoin de punitions corporelles pour apprendre à bien se comporter, contre 25% des femmes. L’écart se retrouve également dans l’acceptabilité de ces pratiques, 46% des pères jugent légitime une punition physique face à un enfant violent, contre 33% des mères. Plus encore, les hommes sont de plus en plus nombreux à attribuer des effets positifs à ces pratiques, apprendre le bien et le mal, faire cesser un comportement, là où les femmes en soulignant davantage les conséquences négatives, qu’il s’agisse de blessures, de troubles psychiques ou de banalisation de la violence. Un fossé qui s’est creusé depuis l’édition 2024.
Une interdiction légale peu ancrée dans les pratiques
Ces divergences interviennent pourtant dans un cadre juridique clair. Depuis le 10 juillet 2019, la loi française « anti-fessée » interdit les violences éducatives ordinaires, précisant que « l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou…
Auteur: Emma Bador-Fritche

