L’Afrique, l’Asie, l’Amérique du Sud : tel est le cœur de cible du Festival des 3 Continents, dont la 46e édition s’ouvre à Nantes le 15 novembre. L’occasion de rencontrer le directeur artistique, Jérôme Baron, d’un festival toujours passionnant qui, cette année, à côté de la compétition et de séances spéciales, propose notamment un hommage à la grande actrice indienne Shabana Azmi, en sa présence, et une rétrospective du cinéaste hongkongais Derek Yee.
De quel désir est né le Festival des 3 Continents, en 1979 ?
Jérôme Baron : Les premières motivations des fondateurs du festival, Alain et Philippe Jalladeau, étaient cinéphiliques. Au fil des rencontres et des voyages, l’idée est venue de donner une visibilité à des cinématographies qui existaient peu, voire pas du tout, sur les écrans européens et étaient très minoritaires dans les festivals internationaux du type Cannes ou Venise. Par exemple, dans ces années-là, on découvre des grands maîtres du cinéma japonais comme Ozu et Naruse. D’où la nécessité de repenser et de réécrire notre histoire du cinéma, qui avait jusqu’alors un point de vue essentiellement européen et nord-américain.
Nous restons attentifs à la capacité des films à renouveler esthétiquement la façon dont le cinéma raconte un état du monde en mouvement.
En outre, sans qu’il s’agisse d’une volonté des fondateurs, des personnes qui étaient très politisées précédemment mais qui, à la fin des années 1970, se sentent orphelines de leurs engagements et, pour certaines, sont intéressées par le cinéma voient dans les films proposés à Nantes la possibilité de prolonger leur préoccupation tiers-mondiste ou géopolitique. Ces deux dimensions ont fait que le festival a eu d’emblée une résonance très forte.
Qu’en est-il aujourd’hui ?
Nous restons attentifs à la capacité des films à…
Auteur: Christophe Kantcheff

