Festival du Grand Bivouac 2025 : dans les écoles russes, la bataille de la propagande

Peu après le début de l’invasion de l’Ukraine, Vladimir Poutine a prévenu : ce ne sont pas les commandants qui gagnent les guerres mais les enseignants. Les écoles, collèges et lycées sont donc au cœur de la propagande qui vise à gagner les cœurs et les esprits à « l’opération militaire spéciale ». Il faut des murs qui célèbrent les soldats enrôlés, des ateliers d’écritures de lettres aux soldats sur le front, des cours de marche au pas, des cérémonies du drapeau, une histoire fantasmée de l’Ukraine avec un chapitre sur les néonazis…

Aux portes de la Sibérie, un jeune professeur, « Pasha » (Pavel), assiste effaré à l’écroulement de son monde. Pavel Talankin n’est pas encore le réalisateur qui vient de remporter le prix des médias au festival du Grand Bivouac. Quand il commence à tourner avec sa caméra, il est un simple animateur de l’école Karabach 1, une de ces petites villes industrielles sévèrement polluées de l’Oural, construites à l’époque soviétique autour d’une énorme usine de cuivre. Les élèves le surnomment affectueusement Pacha. Son bureau est depuis des années leur refuge : un espace de liberté et de créativité.

Sommé de participer à l’édification des esprits dans la Russie en guerre, le professeur s’efforce de continuer son travail. Au bout de quelques mois, il craque et rédige sa lettre de démission. Avant de changer in extremis d’avis après avoir été contacté par un réalisateur européen. Finalement, il résistera à sa façon en documentant au plus près la propagande et ses effets sur l’esprit des enfants. Parmi la galerie de portraits, on découvre un enseignant d’histoire qui chante les louanges de Beria, le sinistre assassin de Staline, tout en expliquant aux collégiens que les Français se déplaceront bientôt en cheval faute de pétrole russe.

Un document pour l’histoire

Le reste des professeurs récite la…

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Auteur: Olivier Tallès