Parmi les raisons qui font affluer début septembre de nombreux visiteurs dans le village de Saint-Pierre d’Entremont (Orne), où vivent moins de 400 habitants, le Moulin de l’Hydre tient une bonne place. Depuis l’installation en 2021 de l’auteur, metteur en scène et comédien Simon Falguières et de cinq membres de sa compagnie Le K dans cette ancienne filature du XIXe siècle, on vient chaque année des alentours et de beaucoup plus loin pour suivre l’avancée des travaux.
On constate cette fois que, si le bâtiment principal n’est pas encore converti en théâtre – il faudra pour cela attendre 2028, selon les prévisions du groupe, dont l’utopie est très concrète et structurée –, la rénovation avance à une vitesse impressionnante. Tout en cultivant volontiers l’allure quichottesque de leur Moulin, Simon Falguières et ses complices, épaulés par de nombreux bénévoles, proposent ainsi une alternative très sérieuse à la décentralisation théâtrale telle qu’elle existe aujourd’hui.
Utopie rurale
Dans la démarche qui consiste à partager au maximum le lieu avec les habitants, le festival de l’Hydre est pour ce joyeux collectif un rendez-vous d’importance. Il s’agit d’affirmer l’ouverture du Moulin à toutes celles et ceux qu’attire cette aventure singulière. Au départ centré sur le travail de la compagnie Le K, le festival invite désormais de nombreux autres artistes. Sélectionnés par l’équipe du Moulin, ceux qui ont composé la 4e édition du festival y ont présenté des spectacles très divers, mais tous en écho profond avec les valeurs de la maison.
Le premier soir, Hatice Özer a ouvert avec panache les festivités avec Koudour. Accompagnée de trois musiciens français de formation jazz et d’un chœur d’amateurs formé sur place, la comédienne fait de la scène un espace de rencontre entre des cultures éloignées, ce qui sied bien à…
Auteur: Anaïs Heluin

