FID IN, OFF, OUT

En direct de l’Artplexe, paquebot culturel posé au milieu de la Canebière, où nos reporters tentent d’assister à la cérémonie de clôture du FID (Festival international de documentaire de Marseille). Une foule compacte stagne au niveau des portes du bâtiment moche gardé par des bénévoles zélés. Sur la place adjacente, le kiosque est occupé par des jeunes mineurs exilés à la rue. Quelques jours plus tôt un feu géant a ravagé un bout de l’Estaque et ces fumées cancérigènes ont envahi la ville.

Aujourd’hui les plus acharnés des cinéphiles ont préféré aller à la plage. L’ambiance est au cynisme, quant au monde, quant à la programmation. Quelques camarades locaux et cleptomanes opèrent un stratégique pillage des réserves du roof-top et nous permettent de fêter, nous aussi, la fin du festival avec du champagne.

Après un voyage à Cannes, un passage au Réel et une aventure à Béjaïa, nous continuons à Marseille notre tournée critique des festivals de cinéma.

Quels sont nos premiers ressentis ? Eh bien que le FID, comme le veut sa réputation, est un festival branché et une institution du cinéma « artistique ». Il suffit pour s’en rendre compte de prendre 15 minutes à essayer de déchiffrer le programme, digne d’une brochure de graphisme brutaliste. La première question que nous nous posons est donc qu’est ce qui, selon le FID, est « in » ?

FID IN

Première réponse, des films opaquement militants. El pejesapo, présenté comme un film anti-fasciste d’un cinéaste chilien inconnu, a une forme tout aussi inconnue ; plans décadrés, montage haché, narration à l’envers. Le récit est sordide : un homme se jette dans la rivière et se retrouve coincé dans un monde cauchemardesque à mi-chemin entre la fiction et le documentaire (on ne sait pas trop la dose de mépris que le film a pour les personnes filmées). Quelques pistes sont évoquées pour expliquer le malaise générale : industrie minière, militarisation,…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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