Bakou (Azerbaïdjan), reportage
La main crispée autour du marteau, Mukhtar Babayev transpirait de nervosité. Au cœur de la nuit, face à un hémicycle dans l’atermoiement depuis des heures, le président azerbaïdjanais de la COP29 a prononcé à toute allure l’adoption du texte phare des négociations. Dans la même précipitation, le bruit sec de l’instrument scellant les décisions s’est abattu comme un couperet. Et avant même que n’aient fini de traduire les interprètes, l’homme s’est levé et a enlacé le chef de la branche Climat des Nations unies, sous les applaudissements nourris. Verdict : les États présents à cette 29e conférence des parties à Bakou se sont engagés à verser 300 milliards de dollars (287 milliards d’euros) par an aux pays en développement, bien en deçà de la somme nécessaire comprise entre 1 000 et 1 300 dollars.
Les mines médusées, des observateurs se sont chuchotés leur incompréhension. Certains experts, assis à même le sol, avaient à peine débuté l’analyse de l’ultime version du texte, reçue quelques instants plus tôt.
Les 197 États membres avaient-ils brusquement accordé leurs violons sur le fameux « Nouvel objectif collectif quantifié », fixant l’aide financière allouée par les pays riches aux nations vulnérables à la crise climatique ? La quinzaine de débats allait-elle s’achever ainsi ? Pas du tout.
« Empêcher les parties de s’exprimer n’honore pas la convention »
Empoignant le micro, la négociatrice en cheffe de l’Inde, Chandni Raina, a aussitôt déploré « un incident absolument regrettable » : « Nous avions informé la présidence que nous voulions faire une déclaration avant toute prise de décision. Cela est une mise en scène. » Fusillant d’un regard noir Mukhtar Babayev et son voisin onusien, elle a ajouté : « Nous avons vu ce que vous venez de faire. Utiliser votre marteau et empêcher les parties de…
Auteur: Emmanuel Clévenot

