« De tout temps, j’ai considéré que la sédation profonde et continue jusqu’au décès constituait une aide à mourir », lance Alain Claeys devant les sénateurs de la commission des affaires sociales. Avec l’ancien député Jean Leonetti, auditionné le 2 juin dernier par la commission, il est le coauteur de la loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie adoptée en 2016. Au sein du texte, les deux auteurs ont renforcé les directives anticipées du malade qui font désormais office de valeur contraignante pour le médecin. La loi permet également au patient de demander une sédation profonde et continue jusqu’au décès sous réserve d’une discussion en procédure collégiale des médecins.
« Il y a une réticence aujourd’hui à appliquer cette sédation profonde et continue jusqu’au décès »
Selon Alain Claeys, cette sédation profonde constitue déjà une aide à mourir contrairement à Jean Leonetti qui y voit une manière d’abréger les souffrances. « C’est un élément de désaccord que nous avons », reconnaît l’ancien maire de Poitiers. D’après lui, la loi de 2016 est « mal appliquée » dans certains services palliatifs de France, ce qui montre que cette sédation profonde est bien plus qu’une manière d’abréger les souffrances : « Il y a une réticence aujourd’hui à appliquer cette sédation profonde et continue jusqu’au décès », observe-t-il. « Ce qu’il faut…
Auteur: Marius Texier

