C’est un texte « un peu baroque juridiquement » que la Chambre haute a rejeté hier, note la sénatrice LR Muriel Jourda. La proposition de loi, largement remaniée par rapport à la version sortie de l’Assemblée nationale, n’a convaincu ni la majorité sénatoriale, « hostile à toute possibilité d’euthanasie ou de suicide assisté », ni la gauche, déçue par le détricotage de la copie. « Certains trouvaient que le texte était trop ambigu, trop mal rédigé, pour pouvoir voter pour. […] Et d’autres, en réalité, étaient tellement opposés même au principe, qu’ils ne veulent voter aucun texte ayant attrait au sujet », résume la présidente de la commission des lois.
Liberté ou droit à mourir ?
A la tribune hier soir, le sénateur Bernard Fialaire (RDSE) a critiqué un Sénat devenu « réactionnaire ». Muriel Jourda considère, quant à elle, que « personne ne détient la vérité sur ce sujet d’une grande délicatesse ». « On n’est pas dans l’exercice d’une liberté », estime-t-elle, « juridiquement la liberté de mourir, elle existe, ça s’appelle le suicide. Dans la mesure où, dans le cadre de l’exercice de cette liberté, on vous dit que quelqu’un doit fournir le produit, que quelqu’un doit le prescrire, que quelqu’un doit l’injecter, on sort de la liberté. On est dans le droit ». Et d’ajouter : « Vous êtes créancier d’un droit à mourir, quelqu’un en est débiteur. Celui qui est le…
Auteur: Aglaée Marchand

