Il faut être bien malade ou handicapé pour s’entendre confier, sans l’ombre d’une gêne, cette candide incitation au suicide. Et le fait qu’elle soit généralement camouflée derrière un compliment (« Je t’admire, tu es si courageuse ») n’enlève rien du cinglant de la claque. Alors ne vous étonnez pas que les militants antivalidistes flairent l’immense danger quand le chef de l’État annonce son projet de loi pour une « aide active à mourir », soutenu par 82 % de la population.
Nos voix protestataires sont étouffées par la présence massive des paroles religieuses, principalement portées par des groupes réactionnaires et liberticides. Nous refusons d’y être associés. Nous sommes pro-choix plus que quiconque, nos luttes ont pour étendard l’autodétermination, mais de quel choix exactement parlons-nous ? La mort ou quelle vie ? Peut-on vraiment prôner l’autonomie corporelle sans assurer l’autonomie tout court ?
Peut-on vraiment prôner l’autonomie corporelle sans assurer l’autonomie tout court ?
La communication politique met en exergue quelques situations tragiques, suscitant naturellement émotion et compassion, projetant notre espoir de rester maîtres de notre vie jusqu’au dernier souffle. Mais la politique ne se joue pas à l’émotion. Cessons de ramener le handicap au prisme de l’expérience intime, et exigeons une vue politique globale à la hauteur de nos existences.
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N’oubliez pas que l’histoire se passe dans un pays qui enferme toujours ses citoyens handicapés dans des institutions, en reniant ses engagements européens. Dans un pays qui stérilise encore des…
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Auteur: Céline Extenso

