Alors qu’elle vient d’élire un nouveau pape, l’Église catholique est confrontée à une question fondamentale. Doit-elle revenir à une papauté monarchique avec son faste et son apparat, ou s’appuyer sur la dynamique initiée par le pape François ? Ce dernier a mis l’accent sur les pauvres et a prôné un mode de vie humble et un message d’espoir.
Je suis un théologien qui a étudié le développement du catholicisme en Afrique, en particulier sous la direction du pape François. À mon avis, l’Église, après lui, sera définie par deux forces, qui seront à l’œuvre pendant le processus de sélection d’un nouveau pape.
Premièrement, ceux qui embrassent les changements modernes et de grande envergure du pape François au sein de l’Église catholique. Ce pape réformateur a impulsé une nouvelle culture ecclésiale qui respecte la voix et l’action des non-ordonnés. Il a encouragé un leadership au service des autres et un exercice de l’autorité plus pastoral, missionnaire et responsable.
De l’autre, les traditionalistes, pour qui ces changements menacent l’identité même du catholicisme. Ces derniers aspirent à un retour à la messe en latin, aux rites ancestraux et à une vision plus hiérarchique, voire exclusivement masculine, du clergé.
Ces deux camps, profondément divisés, s’affronteront lors des conclaves. Les 138 cardinaux électeurs – dont 18 Africains – ont tranché. Leur choix déterminera l’orientation future de l’Église.
Pour les cardinaux africains, les enjeux sont cruciaux. Les débats qui agitent le catholicisme contemporain occultent souvent les réalités du continent : des structures encore marquées par le colonialisme, une vision racialisée qui considère l’Afrique comme un seul pays, alors qu’elle incarne une diversité culturelle et religieuse foisonnante.
Reste à espérer que les électeurs sauront discerner, parmi eux, un successeur à la hauteur de François : un visionnaire courageux,…
Auteur: Stan Chu Ilo, Research Professor, World Christianity and African Studies, DePaul University

