Une multinationale en procès, dans une affaire inédite : le groupe Lafarge et d’anciens hauts responsables comparaissent à partir du mardi 4 novembre à Paris, soupçonnés d’avoir payé des groupes jihadistes, dont le groupe État islamique, en Syrie jusqu’en 2014 dans le but d’y maintenir l’activité d’une cimenterie.
Au côté de Lafarge, avalé en 2015 par le groupe suisse Holcim, seront jugés au tribunal correctionnel de Paris l’ancien PDG du cimentier, Bruno Lafont, cinq ex-responsables de la chaîne opérationnelle ou de la chaîne de sûreté et deux intermédiaires syriens, dont l’un est visé par un mandat d’arrêt international et devrait donc être absent au procès.
Dans ce dossier, ils devront répondre de financement d’entreprise terroriste et, pour certains, de non-respect de sanctions financières internationales.
Le groupe français est soupçonné d’avoir versé en 2013 et 2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), plusieurs millions d’euros à des groupes rebelles jihadistes dont certains, comme l’organisation État islamique (EI) et Jabhat al-Nosra, ont été classés comme « terroristes », afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord du pays.
La société avait investi 680 millions d’euros dans ce site, dont la construction a été achevée en 2010. Alors que les autres multinationales avaient quitté le pays en 2012, Lafarge n’a évacué cette année-là que ses employés de nationalité étrangère, et maintenu l’activité de ses salariés syriens jusqu’en septembre 2014, date à laquelle l’état islamique a pris le contrôle de l’usine.
Accusés de « violations du code de conduite des affaires de Lafarge »
Dans ce laps de temps, LCS aurait rémunéré des intermédiaires pour s’approvisionner en matières premières auprès de l’EI et d’autres groupes, et pour que ces derniers facilitent la…
Auteur: La Croix (avec AFP)
