C’est la version économique de la quadrature du cercle : comment à la fois investir massivement pour la transition écologique et maîtriser la dette pour retrouver des marges de manœuvre financières ? Sous certaines conditions, les deux sont possibles simultanément. Découvrez comment.
Réduire les émissions de gaz à effet de serre, s’adapter aux effets du changement climatique, investir dans des infrastructures résilientes : tout cela a un coût. La transition vers une économie bas-carbone est un défi majeur sur le plan technologique et financier. Pour atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050, par exemple, l’Union européenne devra mobiliser des investissements estimés de 2 à 3 % environ de son PIB par an jusqu’en 2030. Face à ces dépenses indispensables, une question émerge : pouvons-nous utiliser la dette publique pour financer la transition ?
Certains pays ont déjà commencé à explorer cette voie.
La France fait figure de pionnière dans l’émission d’obligations vertes – des titres de dette publique spécifiquement destinés à financer des projets environnementaux. En 2024, ces obligations ont atteint 61,9 milliards d’euros. À l’échelle européenne, la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde a plaidé pour l’émission d’obligations vertes afin de mobiliser des financements à grande échelle pour la transition écologique.
Dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires sont limitées à la suite des dépassements des seuils européens de déficit et de dette, l’idée de recourir à des emprunts publics pour financer les investissements verts suscite évidemment un débat intense.
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Auteur: Mouez Fodha, Professeur des Universités, Economiste, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

