Joël Labbé a répondu à quelques-unes de nos questions sur les avancées en matière de régulation du secteur des engrais chimiques.
Pourquoi êtes-vous particulièrement mobilisés sur la question des engrais ?
Mon engagement politique est en grande partie lié au combat contre l’industrialisation de l’agriculture et pour une transition vers une agroécologie paysanne, rémunératrice pour les producteurs·rices, et qui permettent à toutes et tous d’accéder à une alimentation saine.
Je travaille donc beaucoup sur les impacts négatifs du système agricole conventionnel, et donc, naturellement, sur les pesticides et les engrais.
Sur la question des pesticides, même s’il reste beaucoup à faire, la mobilisation politique et citoyenne commence à apporter des résultats : par exemple nous avons réussi à faire interdire les néonicotinoïdes (ces fameux pesticides tueurs d’abeilles) et cela malgré un grave recul sur le secteur de la betterave qui a bénéficié d’une autorisation exceptionnelle pour continuer à utiliser ces pesticides. C’est un combat sur lequel il ne faut jamais baisser la garde, mais où l’on sent une réelle pression citoyenne.
Les engrais sont une problématique moins connue du grand public mais tout aussi importante !
Les engrais azotés sont des « bombes climatiques »
Ils émettent du protoxyde d’azote, 300 fois plus impactant pour le climat que le CO2. Ils sont aussi à l’origine de pics de pollution de l’air au printemps, liés aux émissions d’ammoniac. Ils sont néfastes pour la vie du sol et affaiblissent, notamment, sa capacité à stocker du carbone.
La convention citoyenne pour le climat a bien identifié le sujet en faisant de la taxation des engrais azoté une de ses propositions – à ce jour non retenue par le gouvernement. Pourtant les alternatives existent, notamment l’agriculture biologique, qui se passe complètement d’engrais chimiques.
Il est donc essentiel que des associations comme les Amis de la Terre se mobilisent sur ces sujets. Je saisi d’ailleurs cette occasion pour vous remercier pour le travail important que vous fournissez !
Pourquoi c’est intéressant de mettre un terme aux usages non-agricoles d’engrais de synthèse ?
Sur les pesticides, j’ai fait adopté, en 2014, la « loi Labbé » qui interdit leur usage pour les espaces verts des collectivités à partir de 2017 et pour les particuliers à partir de 2019. J’avais choisi de travailler spécifiquement sur les usages non-agricoles parce que, même s’ils représentent de petits…
La suite est à lire sur: www.amisdelaterre.org
Auteur: Sandra Imbault

