Avignon (Vaucluse), reportage
Le fracas des pelleteuses retentit depuis l’ancien corps de ferme. Toutes les entrées du terrain bordé par une rangée de cyprès sont bloquées par la police. De loin seulement, l’on aperçoit des ouvriers débarrasser tables, fauteuils et matelas, des objets qui formaient encore la veille la Barzad, une zone à défendre installée en plein cœur de la ceinture verte, sur les terres fertiles de la périphérie d’Avignon.
Le 17 avril, au petit matin, les occupants de cette maison menacée de démolition par l’État ont été expulsés par les forces de sécurité. Neuf d’entre eux ont été placés en garde à vue et ont été convoqués le 21 juin prochain pour « occupation illégale d’un bâtiment à usage d’habitation ». « Nous avons été pris par surprise, réagit encore abasourdi Gabriel, membre du collectif Pour une autre mobilité à Avignon (Puma), qui lutte contre le projet routier de Liaison Est-Ouest d’Avignon (LEO). Sinon, nous aurions été plus nombreux à faire bloc pour défendre les lieux. »
« Une zad, c’est politique et une politique qui dérange ! »
La bâtisse est située sur le tracé du tronçon n° 2 de la LEO, projet ayant pour maîtresse d’ouvrage la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). Elle était occupée depuis le 7 mars à l’appel d’associations locales qui luttent contre cette 2×2 voies de 15 km menaçant d’artificialiser 51 hectares de terres agricoles. Sur les murs, des inscriptions : « Bienvenue à la Barzad », « Paix et amour », « Zad partout ». En quelques jours à peine, la zad était bien installée : les parcelles attenantes ont été mises en culture, des projections, des débats, des ateliers et des fêtes organisés. « Une famille avec deux enfants sans logement a même trouvé refuge ici depuis plusieurs jours », décrit Kristell, du collectif Puma.
D’après la…
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Auteur: Estelle Pereira

