« Beaucoup d’enfants ont perdu le contact avec leur identité ». La Finlande doit réparer les injustices historiques commises à l’encontre du peuple Sami, exhorte une commission pour la vérité et la réconciliation en remettant au gouvernement, ce jeudi 4 décembre, un rapport élaboré pendant quatre ans.
Mandatée en 2021, cette commission a récolté des témoignages auprès de quelque 400 indigènes samis et une dizaine d’experts pour mettre en lumière les discriminations et violations de droits humains perpétrées par le gouvernement finlandais, dont la politique d’assimilation a également été passée au crible.
Jusqu’à la fin du XXe siècle, de nombreux enfants sami ont été séparés de leurs familles et placés dans des internats, où il leur était interdit de parler leur langue, de pratiquer leur culture ou de vivre selon leurs modes de vie traditionnels, énumère le rapport.
« Résultat, beaucoup d’enfants ont perdu le contact avec leur propre langue et leur identité, et les répercussions sont encore visibles dans les communautés sami sous la forme de langues menacées et de pertes culturelles », selon le document.
100 000 Sami aujourd’hui dispersés
La commission a remis jeudi la version finale de son rapport, fruit de quatre années de travail, au premier ministre finlandais et à des représentants sami. La Finlande n’a pas encore officiellement présenté ses excuses auprès de ce peuple. « Il est clair, pour moi, qu’il faut présenter des excuses », a déclaré le premier ministre Petteri Orpo en recevant le texte.
Seul peuple autochtone d’Europe, les près de 100 000 Sami sont aujourd’hui dispersés sur une terre ancestrale comprenant la Finlande – où ils sont 10 000-, la Norvège, la Suède, et l’intérieur de la péninsule russe de Kola. Leur culture et leur langue sont enracinées dans les moyens de subsistance traditionnels : l’élevage de rennes,…
Auteur: La Croix (avec AFP)

