« Sobriété ». Alors que le conflit au Moyen-Orient met brutalement en lumière la vulnérabilité de notre système énergétique, et sa dépendance à des chaînes de valeur sur lesquelles nous n’avons aucune prise, on pourrait s’attendre à ce que ce mot soit sur toutes les bouches. Voilà près de deux semaines — depuis le 28 février — que l’Iran bloque, en représailles des attaques israéliennes et étasuniennes, le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux. Par ricochet, le prix du baril a fortement augmenté, dépassant les 100 dollars (87 euros) jeudi 12 mars — du jamais vu depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en 2022. Dans les stations-service françaises, les prix de l’essence et du gazole avoisinent les 2 euros.
Globalement, en dix jours de guerre, les prix du gaz ont augmenté de 50 %, et ceux du pétrole de 27 % — soit l’équivalent de 3 milliards d’euros de dépenses supplémentaires pour les contribuables européens, notait le 11 mars la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Cette nouvelle explosion des prix de l’énergie, quatre ans à peine après les secousses générées par la guerre en Ukraine, pourrait nous interroger sur notre consommation effrénée de produits fossiles importés de l’étranger. Mais non. Sur ce thème, les responsables politiques restent étonnamment muets.
Aucun plan de sobriété énergétique
Parmi les mesures évoquées pour faire face à l’augmentation des prix du carburant — sujet très inflammable politiquement —, le gouvernement a promis de renforcer les contrôles dans les stations-service afin d’éviter les « hausses abusives » des prix. Matignon étudierait également la possibilité d’encadrer provisoirement les marges des distributeurs. Pas…
Auteur: Hortense Chauvin

