« Évidemment, si les journalistes ne peuvent même plus poser ce type de questions, ça va devenir difficile… », se lamentait Pascal Praud devant les critiques adressées à Nathalie Saint-Cricq (CNews, 9/12/2025). Comme on a pu le constater à travers notre zapping qui condensait deux ans d’outrances audiovisuelles sur ce registre, il reste encore beaucoup de marge… Car le moins qu’on puisse dire, c’est qu’à force d’avoir été répété, le leitmotiv de « la quête du vote musulman » et du « communautarisme clientéliste » de LFI s’est installé comme une « évidence » dans le débat public, avec des déclinaisons plus ou moins outrancières et racistes. Tout particulièrement depuis deux ans, à mesure que le parti politique s’est engagé résolument contre le génocide en Palestine, et après avoir assumé des positions à rebours du cadrage médiatico-politique dominant.
« Il flatte les banlieues musulmanes, qui sont facilement anti-israéliennes »
La cristallisation de cette « évidence » s’est aussi jouée dans la presse – nationale, régionale, hebdomadaire –, du JDD à Libération. Le quotidien « de gauche » peut s’enorgueillir d’avoir par exemple publié – parmi de très nombreux articles ayant recyclé ce stigmate – l’un des pamphlets les plus infâmants sur le sujet (30/10/23) :
Serge July : [Jean-Luc Mélenchon] n’est plus dans le schéma de la revendication de deux États pour la même terre, mais dans un tout autre discours, qui est finalement celui du Hamas : les juifs dehors ! À ses yeux, ce pas de côté a ses vertus. La première est que ce diable de Mélenchon […] la joue comme Jean-Marie Le Pen à l’époque […]. Dernier étage de cette fusée diabolique : il flatte les banlieues musulmanes, qui sont facilement anti-israéliennes, et qui glissent parfois dans l’antisémitisme. […] En refusant de traiter le Hamas de terroriste, Jean-Luc Mélenchon flatte sa…
Auteur: Pauline Perrenot

