Flora Tristan, la révolutionnaire qui dénonçait déjà la pollution industrielle au XIXe siècle

Nous sommes en 1830 à Londres. Un brouillard — le fameux « smog » — flotte sur la ville, et les cheminées des usines crachent une épaisse fumée. L’Angleterre achève sa révolution industrielle, et le charbon coule à flots dans les veines de la capitale britannique.

Carnet à la main, une jeune Française arpente les rues, vêtue comme un homme. Elle lève la tête vers le ciel masqué par la pollution, et secoue la tête en fronçant le nez : « À cette énorme masse de fumée surchargée de suie, qu’exhalent les milliers de cheminées de la ville monstre, se réunit un brouillard épais, et le nuage noir dont Londres est enveloppé ne laisse pénétrer qu’un jour terne et répand sur les objets comme un voile funèbre », écrira plus tard Flora Tristan dans Promenades dans Londres (1840), fruit de quatre voyages en Angleterre.

Née en 1803 à Paris, d’une mère française et d’un père issu de l’aristocratie péruvienne, Flora Tristan a eu une vie digne d’un feuilleton. Peu de temps après sa naissance, son père meurt avant d’avoir pu la reconnaître comme son héritière. Flora Tristan grandit dans la misère, et en retire un profond sentiment d’injustice. Plus tard, elle voyagera seule jusqu’au Pérou pour tenter de récupérer sa part de l’héritage, sans succès. Rejetée de tous, elle s’autoqualifiera de « paria », et tirera de son expérience le livre qui l’a rendue célèbre, Pérégrinations d’une paria (1838).

Peut-être doit-on voir dans cette infortune l’explication de sa nature révoltée et de son goût pour combattre les inégalités ? Quoi qu’il en soit, Flora Tristan fait partie de ces auteurs et autrices qui ont très tôt décrit les conséquences néfastes du progrès technique et de la révolution industrielle.

Promenades dans Londres (1840), de Flora Tristan, réédition La Découverte, 2003, 358 p., 29,50 euros.

« On se sent asphyxiés »

Bien qu’elle ne…

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Auteur: Scandola Graziani

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