« Ce qui compte aujourd’hui, c’est l’avis scientifique. La science, toute la science, rien que la science. » Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, martèle cet argument dans tous les médias pour justifier la position de son syndicat sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
Alors que des agriculteurs et agricultrices multiplient les points de blocage pour s’opposer à l’abattage total systématique, la FNSEA soutient la stratégie sanitaire du gouvernement en faveur de l’abattage du troupeau sitôt qu’un seul cas de dermatose est détecté. Depuis l’apparition du premier foyer de DNC le 29 juin, plus de 4000 vaches ont été abattues dans une centaine de fermes.
Dans la presse locale, le sénateur LR Laurent Duplomb, lui-même éleveur (et auteur de la très contestée loi éponyme), se dit favorable à l’abattage total et estime que « l’émotionnel a pris le pas sur la raison ». En réponse, Loïc Caillens, éleveur et membre de la Confédération paysanne, syndicat qui considère que l’abattage total n’est pas l’unique solution, cingle : « Ceux qui disent cela sont les mêmes qui n’écoutent pas la science quand il s’agit de la loi Duplomb. La science c’est quand ça les arrange. »
Consensus scientifique
Sur d’autres sujets, Laurent Duplomb et la FNSEA cèdent-ils le pas à l’émotionnel ? Quand, par exemple, ils défendent la réintroduction en France de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes, au mépris de ce que dit la science. Cette mesure avait été censurée le 7 août dernier par le Conseil constitutionnel, qui a motivé sa décision sur la base de la Charte de l’environnement, qui indique dans son article 1 que « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et…
Auteur: Sophie Chapelle

